Audition Sénat

Audition au Sénat de M. Gérard ATHIAS,

du Collège International Gérard ATHIAS

(mardi 12 mars 2013) présidé par M. Alain Milon.

M. Alain Milon, président. – Nous recevons aujourd’hui M. Gérard Athias, dont le Collège international Gérard Athias « guérir autrement » porte le nom. Il est aussi théoricien de la bio-psycho-généalogie et de la biologie totale des êtres vivants.

M. Gérard Athias. – Non Monsieur !

M. Alain Milon, président. – Si vous me le permettez, vous n’avez pas la parole pour le moment. Monsieur, confirmez-vous que vous ne donnez pas votre accord pour que cette audition fasse l’objet d’un enregistrement vidéo ?

M. Gérard Athias. – Je le confirme.

M. Alain Milon, président. – Notre réunion d’aujourd’hui n’est pas ouverte au public ; un compte rendu en sera publié avec le rapport.

Je précise à l’attention de M. Gérard Athias que notre commission d’enquête s’est constituée à l’initiative de M. Jacques Mézard, qui est notre rapporteur.

Je vais maintenant, conformément à la procédure applicable aux commissions d’enquête, vous demander de prêter serment.

Je rappelle qu’un faux témoignage devant notre commission serait passible des peines prévues aux articles 434-13, 434-14 et 434-15 du code pénal.

Monsieur Athias, veuillez prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, levez la main droite et dites : « Je le jure ».

M. Gérard Athias. – Je le jure.

M. Alain Milon, président. – Ainsi que vous en avez été informé, notre audition est prévue pour durer quarante-cinq minutes. Je vous invite donc à prononcer un court exposé introductif, puis mon collègue Jacques Mézard et les sénateurs membres de la commission vous poseront quelques questions.

Monsieur Athias, vous avez la parole.

M. Gérard Athias. – Puisque nous devons tous dire la vérité, je tiens d’abord à démentir mon affiliation à la biologie totale.

M. Alain Milon, président. – Soit, nous vous écoutons.

M. Gérard Athias – Comme je vous l’ai écrit dans le courrier que je vous ai adressé, je tenais à vous fais part de mon étonnement quant à cette convocation, qui n’indique pas sur quelles activités je suis appelé à témoigner. Toutes mes activités sont déclarées aux ministères de l’intérieur et des finances et sont visibles au travers de mes livres, forums et groupes sociaux. De plus, elles sont publiques, laïques et ouvertes à tout majeur sans aucune discrimination. Le droit français reconnaît comme auteur toute personne physique qui crée une oeuvre de l’esprit, quels que soient son genre, sa forme d’expression orale ou écrite, son mérite ou sa finalité. Sont considérées comme oeuvres de l’esprit les livres, conférences, allocutions, plaidoiries et autres oeuvres de même nature. De plus, l’auteur bénéficie d’un droit d’exploitation comprenant le droit de représentation. Ce dernier, appelé également droit de communication, consiste dans la communication de l’oeuvre au public par un procédé quelconque et notamment la présentation publique.

Je considère mon travail comme une psychanalyse biologique après bilan, diagnostic médical et traitements effectués, interprétés et prescrits par le ou les médecins habituels du patient. J’essaie de faire des liens entre les problématiques du consultant et les mémoires généalogiques familiales. Je cherche à mettre en lien les évènements généalogiques avec les émotions du consultant. Je pense que la combinaison entre les traitements dits conventionnels et une compréhension du sens de la maladie est favorable à chacun, que les différentes approches sont complémentaires et qu’elles répondent à des questionnements différents des patients ou de la clientèle.

Dans le cadre de mes séminaires, chaque participant reconnaît avoir lu et accepté les conditions et précisions suivantes qui figurent aussi en avertissements sur mes livres : « Monsieur Athias, dans le cadre de ses séminaires, publications et conférences diverses expose que le fruit de ses analyses est fondé sur le résultat de ses recherches personnelles qui ne peuvent en aucun cas être assimilées à une analyse, une découverte, une pratique ou une méthode médicale. Monsieur Gérard Athias, parce que docteur en médecine, rappelle expressément qu’il est profondément attaché aux diagnostics et traitements médicaux en conformité avec les données actuelles de la science. Monsieur Gérard Athias précise au surplus que sa qualité de docteur en médecine n’entre nullement en cause dans les hypothèses thérapeutiques qu’il développe et qui ne peuvent en aucun cas être assimilées à des méthodes de soins. Le docteur Gérard Athias dégage toute responsabilité vis-à-vis de toute personne qui viendrait à faire application des hypothèses thérapeutiques qu’il développe comme étant des méthodes de soins pour elle-même ou toute autre personne qui lui serait liée de façon personnelle ou professionnelle et qui refuserait par là-même, en tout ou partie, de recourir à la médecine. »

Dans le cadre de mes séminaires, je n’effectue aucune démarche publicitaire, sous forme de mails répétitifs, de communications téléphoniques ou d’autres moyens visant à susciter de nouvelles inscriptions. Chaque personne s’inscrit de manière individuelle, spontanée et elle est libre de partir à tout moment.

Ma lettre ajoutait qu’après étude approfondie du fonctionnement du Collège international Gérard Athias, que je représente en tant qu’individu, et de ses différentes pratiques, je vous remercie de me signaler si le droit français autorise ces activités. Si tel n’était pas le cas, je les cesserais immédiatement car je ne veux en aucun cas m’opposer à la loi. J’y précisais en outre ne faire partie d’aucune association, congrégation religieuse ou organisation, ni même d’aucune société secrète ou initiatique, et ce depuis mon enfance.

M. Jacques Mézard, rapporteur – Vous nous avez parlé du docteur Athias ; exercez-vous encore la médecine ?

M. Gérard Athias – Non, mais je suis diplômé de la faculté de Marseille et le titre m’est, me semble-t-il, acquis.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Etes-vous toujours inscrit à l’Ordre des médecins ?

M. Gérard Athias. – Non Monsieur, je l’ai quitté il y treize ans. Néanmoins, comme d’autres sont docteurs en droit ou en lettres, il se trouve que je suis docteur en médecine. Dois-je m’excuser d’avoir fait ce type d’études ?

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Là n’est pas la question. Vous écrivez que des raisons de santé personnelle vous ont conduit à la biologie totale des êtres vivants…

M. Gérard Athias. – Tout à fait !

M. Jacques Mézard, rapporteur. – … et que, dès votre premier contact avec cette « découverte révolutionnaire », vous vous êtes orienté vers cette nouvelle discipline. « Nourri des enseignements de Claude Sabbagh et d’Alejandro Jodorowsky », vous dites avoir approfondi et enrichi la recherche en bio-psycho-généalogie.

M. Gérard Athias. – Puisque vous semblez connaître M. Sabbagh, je vous précise que M. Jodorowski est cinéaste et scénariste de bandes dessinées.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Et M. Sabbagh ?

M. Gérard Athias. – Cela fait deux ans que je ne l’ai pas vu. Mais il est vrai qu’il y a treize ans, je l’avais consulté personnellement pour une pathologie.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Pouvez-nous décrire ce qu’est la biologie totale des êtres vivants ?

M. Gérard Athias. – Non Monsieur, car je ne la pratique pas…

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Pourtant, vous indiquez sur votre site….

M. Gérard Athias. – Je suis allé voir le docteur Claude Sabbagh il y a dix-huit ans lorsque j’ai été malade, mais mes techniques sont différentes des siennes. J’ai suivi ses séminaires et ne suis, sur bien des plans, pas d’accord avec lui. Je ne veux donc pas être de quelque façon, sauf en tant que patient, assimilé à la biologie totale. Je sais ce que je fais et si vous voulez poser des questions sur mes pratiques, j’y répondrai.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – C’est ce que je fais, Monsieur.

M. Gérard Athias – Non Monsieur ! Libre à vous de considérer que c’est ce que je pratique, mais ce n’est pas le cas.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Vous indiquez avoir pour objectif une vision synthétique et la construction de ponts entre les outils aussi divers que la biologie totale, les mémoires cellulaires, la généalogie, les triades et les vingt-deux étincelles de la vie. Pouvez-vous nous expliquer cela ?

M. Gérard Athias. – J’essaie de travailler sur les émotions du consultant avec différents outils. J’utilise ce que j’appelle la biologie et le sens de la maladie, mais non la biologie totale, parce que certains de ses aspects fondamentalement m’agressent et que je ne les accepte pas. Je travaille avec la symbolique et la kabbale pour essayer d’accéder à l’émotionnel de l’individu.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Dans quel but ?

M. Gérard Athias. – Pour qu’il se libère, pour qu’on l’écoute au plan émotionnel.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Vous parlez de consultants ; dans quel but viennent-ils vous voir ?

M. Gérard Athias. – Je suis très étonné d’être convoqué puisque je ne consulte plus. J’écris des livres et je fais des séminaires. Mon site n’est pas à jour mais je ne consulte plus depuis treize ans.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Vous venez de nous parler de consultants.

M. Gérard Athias. – Si vous préférez, parlons de clients, des gens qui assistent à mes séminaires.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Soit. Quel est l’objet de ces séminaires ?

M. Gérard Athias. – J’y explique qu’il existe, à mes yeux, un lien entre des mémoires familiales, des difficultés familiales, des « secrets familiaux » et des douleurs individuelles que l’on peut retrouver sur plusieurs générations. Selon l’université de Genève, certains évènements seraient génétiquement visibles sur plusieurs générations ; c’est ce qui a été établi notamment à partir de la mémoire de l’agression sexuelle sur une grand-mère, retrouvée chez sa fille et chez sa petite-fille. J’essaie de travailler ainsi. Si ce n’est pas légal, dites-le moi et j’arrête dans la seconde. Je ne peux pas être plus clair ?

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Nous ne sommes pas un tribunal.

M. Gérard Athias. – Je ne me sens pas accusé, je veux juste agir dans un cadre légal.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Dans ces séminaires, vous formez des gens ?

M. Gérard Athias. – Non Monsieur, ce n’est pas une formation. J’y développe simplement ce que j’ai écrit dans mes livres. Je ne cache strictement rien.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Les gens viennent bien dans le but de consulter ou d’apprendre quelque chose ?

M. Gérard Athias. – Vous leur demanderez.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Combien de personnes assistent à ces séminaires ?

M. Gérard Athias. – J’ai actuellement un séminaire avec neuf personnes et je compte arrêter toutes les formations en France. Il y a eu une mode qui est aujourd’hui largement dépassée, ce qui n’est pas un problème pour moi.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Quelle était cette mode ?

M. Gérard Athias. – Celle de la biologie totale, dont je ne partage pas certains principes que je qualifierai de « médicaux ».

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Vous avez tout de même créé un certificat ?

M. Gérard Athias. – C’est indiqué sur le site mais je n’en ai jamais délivré aucun ; personne ne m’en a demandé.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Si vous en aviez délivré, à quoi auraient-ils donné accès ?

M. Gérard Athias. – Il s’agit juste d’un certificat de participation à mon séminaire.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Il aurait pu donner accès à la pratique en cabinet de la bio-psycho-généalogie.

M. Gérard Athias. – Vous parlez au conditionnel ! Comme je l’ai juré, je n’en ai délivré aucun.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Vous pouvez tout de même nous indiquer en quoi consistent vos enseignements ?

M. Gérard Athias. – Ils reprennent les dix livres dans lesquels j’essaie d’expliquer les liens entre des difficultés de vie et les émotions ressenties pour certaines personnes. J’essaie de les accompagner dans l’expression de ces émotions.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Votre site se réfère aux vingt-deux étincelles de vie : qu’est-ce ?

M. Gérard Athias. – Il s’agit des vingt-deux lettres de l’alphabet hébreu.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – L’un des titres de votre site est « La maladie en kabbale ». Pouvez-vous nous en dire plus ?

M. Gérard Athias. – La structure très particulière de l’hébreu permet de procéder à des rotations des lettres qui ouvrent les mots car ces derniers ont plusieurs sens. Par exemple, comme le même mot signifie à la fois le foie et le respect, je relie les problématiques de foie à l’irrespect, afin de permettre à ceux qui l’ont subi de se libérer de ces émotions douloureuses. Je ne dis pas avoir raison mais, dans ma logique, il existe un lien entre l’organe et l’émotion.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Vous écrivez que « la maladie dans l’union de la biologie et de la kabbale est un vide de conscience, un renoncement à l’unité ». Que cela signifie-t-il ?

M. Gérard Athias. – Tous les médecins n’ont malheureusement pas le temps de passer des heures à écouter émotionnellement les patients. Je pense qu’une telle écoute ne s’oppose pas à un traitement traditionnel. Mais, je le répète, si je n’ai pas le droit de le faire, vous me le dites et j’arrête instantanément.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Votre site renvoie vers celui d’une astrologue thérapeute qui se présente comme votre élève. Vous croyez à la biologie des étoiles ?

M. Gérard Athias. – C’est un long débat. A une certaine époque, tous les médecins étaient astrologues ; ça ne me parait pas bizarre même si je ne le suis pas.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Molière est passé par là ?

M. Gérard Athias. – Oui, et j’espère que cette évolution va se poursuivre, que d’autres découvreurs ouvriront de nouveaux horizons thérapeutiques.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Le titre de votre séminaire est « Biologie et sens de la maladie ». Pouvez-vous nous l’expliquer ?

M. Gérard Athias. – Comme je viens de vous le dire, j’essaie d’apporter du sens. Par exemple, à travers la kabbale, j’essaye de trouver le lien entre les souffrances liées à des manques de respect, vécus dans l’histoire personnelle ou familiale, et le foie.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Combien coûte un séminaire ?

M. Gérard Athias. – Le tarif est assez classique, soit environ 100 euros par jour comme cela apparaît sur mon site ; tout est public. Avant un certain ministre de l’intérieur, ces stages étaient même reconnus comme de la formation continue.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Selon les témoignages que nous avons reçus, certains de vos adeptes encouragent des malades atteins d’un cancer en phase terminale à entreprendre une psychothérapie pour donner du sens à leur maladie. Qu’en pensez-vous ?

M. Gérard Athias. – Tout d’abord, ce ne sont pas des adeptes. Ensuite, s’ils excluent la médecine traditionnelle, ils ont tort. Ce qu’il faut, c’est apporter une aide émotionnelle en complément. Quant au point de savoir si ces personnes possèdent ou non un diplôme de psychologie, je ne connais pas tout le monde. M. Milon et les médecins parmi vous savent bien que la guérison est extrêmement complexe car la maladie présente de multiples facettes. Mais si je suis hors la loi, j’arrête immédiatement.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Cela fait quatre fois que vous nous le dites…

M. Gérard Athias. – Parce que c’est très important pour moi.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Ce qui compte pour nous, c’est de connaître le fondement de votre enseignement. Nous nous inquiétons du fait que des personnes qui l’ont suivi conseillent malheureusement à des malades d’arrêter leurs traitements.

M. Gérard Athias. – Je ne peux pas être d’accord avec elles. Ce n’est absolument pas ce que je leur dit en cours.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Vous avez conscience de cela ?

M. Gérard Athias. – En cours, j’insiste sur le fait que la première chose à faire, ce sont des diagnostics, des diagnostics et des diagnostics ! Il y a peut-être des dérives, mais je ne peux pas être derrière tout le monde.

Les médecins savent bien qu’il est très important que la maladie bénéficie d’une prise en charge multiple. Que vous mettiez des cadres, c’est tout à fait légitime. Je peux vous parler de ma pratique et vous dire pourquoi je suis contre la biologie totale, alors que vous m’y associez. En revanche, je ne peux pas vous expliquer ce que font mes élèves.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Ce n’est pas nous qui vous associons à la biologie totale. Vous dites que vous êtes nourri des enseignements de Claude Sabbagh.

M. Gérard Athias. – Oui Monsieur, c’est la vérité. Mais je ne suis pas pour autant d’accord avec tout ce qu’il a dit.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Ce n’est pas ce qu’indique votre site.

M. Gérard Athias. – Le docteur Sabbagh a pu écrire que les métastases n’existaient pas, alors que dans mes livres, je confirme qu’elles existent. C’est le jour et la nuit !

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Entendu, mais dire que l’on se nourrit des enseignements de quelqu’un qui écrit ce genre de chose, cela pose tout de même problème.

M. Gérard Athias. – Je retirerai cette phrase dès que j’aurai pu contacter mon webmaster. Si c’est ce qui vous gêne, ce sera fait dans les quinze jours !

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Ce qui nous gêne le plus, c’est que des gens qui suivent votre séminaire en arrivent à conseiller à des malades d’arrêter tout traitement.

M. Gérard Athias. – Donnez-moi des noms !

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Vous les connaissez parfaitement !

M. Gérard Athias. – Non Monsieur. Il n’y a que moi qui jure ici ? Dites-moi de qui il s’agit : je n’ai rien à me reprocher ! J’ai écrit des livres et je vous raconte ce que je fais. Je vous demande de me donner des noms et vous ne voulez pas le faire. Dans ce cas, ce sont eux que vous devriez convoquer et pas moi !

M. Jacques Mézard, rapporteur. – On trouve sur votre site une interview dans laquelle vous dites avoir été guéri, deux jours après le diagnostic, d’une maladie incurable…

M. Gérard Athias. – Tout à fait !

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Pouvez-vous nous en dire plus ?

M. Gérard Athias : Je le dis à M. Milon et à tous les médecins présents, j’ai eu un psoriasis diagnostiqué par deux dermatologues après biopsies. Aujourd’hui je ne l’ai plus. Si vous demandiez comment j’ai fait, je vous répondrais que je n’en sais rien. Merci pour moi, c’est tout !

Personne ne sait comment les gens guérissent. Si je le savais, ce serait formidable ! J’aurais pu en faire bénéficier mon père, décédé en cinq jours, alors que je travaillais déjà de cette façon.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Vous n’avez donc pas de méthode ?

M. Gérard Athias. – Bien sûr que non ! S’il existait une méthode, efficace à 100 %, ce serait révolutionnaire !

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Quel est alors l’intérêt de votre enseignement ?

M. Gérard Athias. – C’est d’essayer d’accompagner les personnes dans une démarche émotionnelle. Les gens ont mal dans leur maladie mais aussi dans quelque chose qu’on pourrait qualifier « d’âme ». Je ne sais pas ce qu’est l’âme, comme je ne sais pas vraiment quel était le sens du serment que j’ai prêté devant vous. Ayant un père juif et une mère catholique, j’ai accepté de jurer sur la République. Mais cette double origine a créé chez moi des difficultés depuis l’enfance. Je les ai exprimées comme j’ai pu, par des maladies, des malaises ou des mal-être. Je n’ai cessé de consulter des médecins. Un allergologue m’a dit que l’asthme était psychosomatique. En revanche, lorsque je dis qu’il existe un lien entre le soma et l’âme, je suis convoqué par votre commission ! Comme vous le savez, j’ai aussi été convoqué par le Conseil de l’Ordre de Toulon il y a treize ans. Je leur ai demandé quelles étaient les différences entre eux et moi, et je suis parti. Que les médecins prennent davantage en charge les patients, je serais heureux de pouvoir me retirer et il n’y aura plus de problèmes de dérives avec certains de mes élèves.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Vous nous parlez de complémentarité avec la médecine traditionnelle…

M. Gérard Athias. – Je le pense, Monsieur !

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Dans la mesure où vous indiquez n’apporter que des explications personnelles, quel est alors l’objet de vos séminaires ?

M. Gérard Athias. – C’est d’établir des liens symboliques.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Des liens symboliques ?

M. Gérard Athias. – J’ai écrit des livres qui ont été publiés par un éditeur officiel et sont envoyés au ministère de l’intérieur. Lorsque je suis face à des personnes en difficulté, comme mon amie astrologue, je fais comme tout le monde : je relève les manches pour essayer de leur remonter le moral et leur apporter une autre vision des causes et du sens de leur maladie. Je le fais honnêtement.

M. Yannick Vaugrenard. – Tout le monde a bien conscience que, dans une maladie, les aspects psychiques, psychologiques ou affectifs sont extrêmement importants. Aucune personne auditionnée ne nous a dit ne pas respecter la loi…

M. Gérard Athias. – Je n’ai pas affirmé respecter la loi et pour cause, il est très difficile de la connaître dans sa complexité. J’ai dit que si je ne la respectais pas, vous pouviez m’en informer et j’arrêterais immédiatement.

M. Yannick Vaugrenard. – Je vous remercie de ce doute exprimé. La loi n’étant pas toujours parfaite, quelqu’un qui a été radié par le Conseil de l’Ordre…

M. Gérard Athias. – Je n’ai pas été radié, Monsieur ! Je suis sorti du Conseil de l’Ordre, c’est une erreur de votre part.

M. Yannick Vaugrenard. – Vous n’exercez donc plus la médecine ?

M. Gérard Athias. – Je suis sorti du Conseil de l’Ordre. Mon travail consiste aujourd’hui à faire des séminaires.

M. Yannick Vaugrenard. – En fait, vous êtes parti de vous-même en sachant que vous alliez être radié.

M. Gérard Athias. – Je suis effectivement parti avant d’être exclu. Lorsque l’on m’a convoqué, on m’a indiqué que certaines de mes pratiques n’était pas compatibles avec les règles, alors je suis sorti.

M. Alain Milon, président. – Qu’est-ce que l’Ordre vous reprochait ?

M. Gérard Athias. – J’étais sous le coup de cinq chefs d’accusation à la suite à une plainte d’une dame, membre des Témoins de Jéhovah qui m’accusait… d’être sectaire. Le Conseil m’a demandé comment je connaissais son appartenance. Cette personne était atteinte d’une polyarthrite rhumatoïde qui rendait son écriture tout à fait reconnaissable : ils m’ont montré la lettre, j’ai reconnu l’écriture. Je leur ai dit ce que je faisais ; le Conseil a reconnu que je disais la vérité puisqu’il m’avait mis sous écoute pendant neuf mois. Vous en doutez ? Malheureusement, le président du Conseil est aujourd’hui décédé.

M. Yannick Vaugrenard – Dès lors que vous avez anticipé le fait d’être radié, ne pensez-vous pas qu’indiquer, dans le cadre de vos activités, que vous êtes docteur en médecine relève d’une forme de publicité mensongère ?

M. Gérard Athias. – Pas du tout !

M. Yannick Vaugrenard. – Dans une entrevue avec Marjolaine Vatelle sur les stages karmiques, vous avez déclaré : « Je travaille avec Liliane qui, elle, a cet accès que je n’ai pas. Elle donne la vie karmique avec tous les éléments ». Vous citez ensuite l’exemple d’une patiente qui avait comme mémoire héritée le fait d’avoir été brûlée pour sorcellerie. Vous précisez que « dans sa vie actuelle, son grand-père vendait du fioul, son mari vend du bois de chauffage et ses grands-parents ont eu une maison brûlée. On a retrouvé dans sa généalogie un bout de son histoire karmique ». Pensez-vous que cela puisse réellement aider et ne considérez-vous pas que vous abusez de la faiblesse passagère de ceux qui vous écoutent ? Vous indiquez par ailleurs que la maladie est une adaptation physiologique au stress. Certes, mais vous ajoutez que « dans une réaction d’alerte, deux attitudes sont possibles. La lutte et l’affrontement – dans un type de comportement masculin – ou la fuite et le mutisme dans un système de défense féminin. » Est-ce à considérer que les genres masculin et féminin se réduisent à ces attitudes ? Je suis surpris par la systématisation de cette opposition. Enfin, combien vous ont rapporté vos activités d’enseignement en 2012 ?

M. Gérard Athias. – Je suis docteur : c’est un titre universitaire ! D’aucuns le sont en droit, d’autres en lettres… moi en médecine. Il n’y a rien d’extraordinaire à indiquer ses diplômes.

J’ai travaillé avec la personne que vous mentionnez. Par mémoires karmiques, j’entends mémoires généalogiques. Dernièrement, un historien s’est penché sur la généalogie de Dominique Strauss-Kahn, pour découvrir que son arrière-arrière-grand-père était tenancier d’une maison close, et avait fait de la prison pour avoir frappé quelqu’un. Ces informations sont publiques ! Je trouve ces liens passionnants. Karmique ou généalogique, peu importe – j’ignore si le karmique existe – mais de fait, il est souvent utile de remonter au moins jusqu’aux grands-parents. Dans le cas de Dominique Strauss-Kahn, c’est tout de même révélateur, qu’il s’agisse de mémoire ou non – il n’est pas venu me consulter.

M. Alain Milon, président. – Je croyais que vous ne consultiez plus.

M. Gérard Athias. – En effet, mais je pourrais faire une exception !

M. Alain Milon, président. – Vous en faites souvent ?

M. Gérard Athias. – Non, mais en l’occurrence, cela pourrait m’aider !

Le masculin et le féminin sont des archétypes. Chacun de nous a des fonctions différentes dans les hémisphères droit et gauche de son cerveau. Je peux ainsi avoir des attitudes de type masculin, ou féminin, les femmes pouvant également avoir des attitudes des deux types. Dans nos cerveaux, l’appréhension du temps – présent, passé – diffère. La résonance magnétique nucléaire permettra de faire de nouvelles découvertes dans ce domaine. Mais je conviens que j’ai employé une formulation trop simplificatrice.

En 2012, j’ai gagné environ 3 500 euros par mois. Pour plus de détails, voyez avec le fisc, avec qui je suis encore en procès. Ne riez pas, c’est douloureux. Ils ne savent toujours pas me dire combien je leur dois au titre de la TVA.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Quelle est votre profession déclarée ?

M. Gérard Athias. – Écrivain, formateur… Je perçois des droits d’auteur. J’ai eu en huit mois deux contrôles fiscaux, l’un personnel, l’autre professionnel. Tout est sur la table, le ministère des finances sait parfaitement combien je gagne.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Vous vous déclarez fiscalement comme formateur ?

M. Gérard Athias. – Je savais que vous essaieriez de me coincer ! Mes amis me l’ont dit. Vous voulez me coincer pour un mot ? Pas de problème ! Je suis écrivain !

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Un écrivain qui fait des séminaires ?

M. Gérard Athias. – Comme je le disais tout à l’heure, « la représentation consiste dans la communication de l’oeuvre au public par un procédé quelconque, et notamment » la représentation publique. Je joue le jeu franchement ; si vous essayez de me coincer avec un mot, ce n’est pas correct.

M. Jacques Mézard, rapporteur. – Ce qui n’est pas correct, c’est de jouer avec les mots.

M. Gérard Athias. – Non, je suis correct. Si je fais quoi que ce soit d’illégal, dites-le moi, et j’arrêterai.

Mme Muguette Dini. – Vous considérez-vous comme un chercheur ? Ma question n’est pas un piège !

M. Gérard Athias. – Oui. Je cherche en premier lieu sur moi-même. J’essaie de m’améliorer au quotidien.

M. Yannick Vaugrenard. – Moi aussi, comme tout le monde !

M. Gérard Athias. – Tant mieux, j’en suis ravi ! J’essaie de ne pas me laisser influencer par mes propres mémoires généalogiques, et croyez-moi, j’en ai quelques-unes peu agréables.

Mme Muguette Dini. – Vous avez guéri après une prise de conscience, dites-vous. Vous n’enseignez pas seulement aux gens à chercher sur eux-mêmes, vos élèves ont vocation à enseigner à leur tour. En faisant votre travail généalogique, ceux-ci guérissent-ils ? Et du coup, à quel moment est-il nécessaire de faire appel au médecin ?

M. Gérard Athias. – Merci pour cette question, qui ne m’accuse en rien. Je ne peux parler qu’en mon nom propre. J’ai guéri grâce à une phrase prononcée à plusieurs reprises par Claude Sabbagh : « chapeau ou pas chapeau » ? La douleur que j’ai alors ressentie dans ma tête a mis en lumière le problème qui me taraudait : suis-je chrétien ou juif ? La pertinence de cette phrase a brisé mes chaînes.

Je peux toutefois témoigner d’autres cas de guérison. Elles sont généralement multifactorielles. En toute hypothèse, la prise de conscience personnelle ou généalogique ne peut pas être nocive. J’ignore toutefois à quel point moi-même ou mes confrères avons contribué à la guérison des patients que nous avons soignés.

Mme Muguette Dini. – Pensez-vous pratiquer une thérapie complémentaire ou alternative ?

M. Gérard Athias. – Complémentaire, bien évidemment. Ce ne peut être exclusivement l’un ou l’autre. Je crois même plus judicieux d’intercaler à l’université, entre psychologues et psychiatres, certains spécialistes de ces thérapies, plutôt que de faire enseigner de mauvais thérapeutes. Ces types d’écoutes sont toujours favorables aux patients.

M. Alain Milon, président. – L’écoute est plus que nécessaire. Il n’est toutefois pas certain qu’elle guérisse. Votre raisonnement pose en outre deux problèmes. Vous avez fait dix ans d’études de médecine. Vous avez ensuite exercé pendant dix autres années, en complément de quoi vous avez développé d’autres pratiques…

M. Gérard Athias. – Non, j’ai exercé exclusivement la médecine traditionnelle pendant dix ans, avant de basculer du jour au lendemain.

M. Alain Milon, président. – Vous vous êtes battu pour être médecin ; mais quand vous avez été exclu de l’Ordre des médecins, vous ne vous êtes pas battu !

M. Gérard Athias. – Non, en effet.

M. Alain Milon, président. – Dès lors, pourquoi utiliser votre titre ?

M. Gérard Athias. – Car je suis docteur, c’est la réalité !

M. Alain Milon, président. – Oui, mais vous le savez, les gens ignorent ce qu’est un docteur, ou bien ils pensent que c’est quelqu’un qui exerce la médecine.

M. Gérard Athias. – J’ai prêté serment ! La médecine est au fond de moi !

M. Alain Milon, président. – A la première difficulté, vous renoncez à votre métier, c’est dommage. De surcroît, utiliser le titre de docteur est une forme de tromperie.

Vous dites avoir guéri d’une maladie incurable. Or vous êtes intelligent, vous savez bien que le psoriasis fait partie des maladies incurables d’un point de vue médical mais pas pour l’ensemble de la population, qui y rangerait plutôt les cancers ou infarctus. C’est une seconde tromperie.

M. Gérard Athias. – Dans ce cas, je l’enlèverai au plus vite. Je fermerai le forum de mon site si nécessaire.

Vous êtes bien paternaliste ! D’ailleurs, lorsque j’ai quitté l’Ordre des médecins, mon père a déploré également que je perde un titre socialement valorisé. Ma philosophie personnelle est celle-ci : ni fuir – je suis ici aujourd’hui – ni affronter. Je n’ai pas voulu m’opposer au Conseil de l’Ordre.

Je le redis : je ne veux tromper personne. Signalez-moi ce qui ne va pas, et je me mettrai en règle. Au fond de moi, je resterai toujours un médecin. Utiliser les outils classiques de la médecine – comme je l’ai fait pendant dix ans – ou d’autres n’y changera rien.

M. Alain Milon, président. – Je croyais que vous n’utilisiez plus les outils moins classiques ?

M. Gérard Athias. – Je les utilise pour moi ! Je n’ai pas de patients, mais j’ai de nombreuses activités. Je fais également des consultations de tarologie. J’ai en outre écrit un livre, « 22 étincelles de vie », disponible à la Fnac. Je sais que cela peut paraître déroutant.

Mme Muguette Dini. – Ce n’est pas vous qui nous inquiétez, c’est le fait que vous puissiez faire des émules plus ou moins bien intentionnés.

M. Gérard Athias. – C’est pourquoi je suis venu aujourd’hui : pour qu’il n’y ait pas d’amalgame entre eux et moi. Dans mes enseignements, je ne cesse de dire « limitez-vous au diagnostic ! » Je ne suis d’ailleurs pas aimé de mes élèves, car je ne prétends pas faire de miracles. Certains restent des imbéciles toute leur vie, se disent coach mais n’ont aucune base. Moi, je suis docteur en médecine, donc j’ai les bases. Je me replonge d’ailleurs souvent dans la documentation médicale, en physiopathologie par exemple, pour préparer mes activités. En revanche, j’ai refusé d’emblée de m’associer avec la biologie totale du Dr Hamer, qui par ailleurs a tenu dans certains lieux publics des propos antisémites.

Bref, je suis entre deux positions, comme en matière religieuse. A propos, j’ignore sur quoi j’ai juré au commencement de cette audition, c’est pourquoi j’ai invoqué la République !

M. Alain Milon, président. – Personne ne jure sur la Bible ici. Merci de votre témoignage. J’espère que l’angoisse de vous exprimer ici ne fera pas réapparaître votre psoriasis…

M. Gérard Athias. – C’est très gentil ! Je contacterai mon webmestre pour retirer de mon site ce qui ne vous plaît pas.

Mme Muguette Dini. – A nouveau, ce n’est pas la question. Vos formulations peuvent induire les gens en erreur !